Appel à communication

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RESPONSABLES :

Anissa Maâ
anissa.maa@ulb.be
Université libre de Bruxelles, GERME/REPI – LMI MOVIDA
Camille Cassarini
camille.cassarini@gmail.com
Aix-Marseille Université, IRD-LPED – LMI MOVIDA

RÉSUMÉ :

Depuis les années 2000, le contrôle migratoire s’est largement renforcé sur le continent africain. Sous la pression des États européens conditionnant l’aide au développement à une participation à la lutte contre les migrations irrégulières, les États africains ont été amenés à participer au gouvernement international des migrations, mais également à se réapproprier ce dernier selon des objectifs qui leurs sont propres (1,2). Ce mode de gouvernement des mobilités associe rationalités sécuritaire, humanitaires et développementiste, et soutient la sédentarisation des ressortissants africains (3,4) à la fois en entravant leurs circulations et en encourageant leurs retours dans leur pays d’origine (5,6,7). Sa mise en œuvre repose sur la participation d’une pluralité d’acteurs.

Sur le terrain, les organisations internationales, financées majoritairement par des bailleurs européens, opèrent en partenariat avec des acteurs humanitaires et caritatifs (8,9) qui bénéficient d’une relation de confiance avec les migrants (10,11). Animés par les opportunités de captation de ressources (12,13) offertes par l’ « industrie migratoire » (14), des acteurs locaux, notamment associatifs, se sont également investis dans des pratiques d’assistance et/ou de contrôle des migrations (15). Agissant à l’intersection des États et des migrants, la diaspora (16), les transporteurs qualifiés de « passeurs » (17) et autres « courtiers » en migration (18,19) facilitent la mobilité de leurs pairs. Pour leur part, les migrants établis dans les pays de transit (9, 20), les migrants de retour dans leur pays d’origine (21,22), la « jeunesse locale » (23) et les familles de migrants disparus (24, 25) contribuent de manière croissante à des activités qui visent à renforcer le contrôle migratoire, qu’il s’agisse des campagnes de sensibilisation contre la migration irrégulière ou des programmes de retour volontaire.

Qu’ils favorisent ou contredisent le contrôle migratoire, les intermédiaires africains occupent donc un rôle clé, mais ambigu, dans la construction des espaces circulatoires sur le continent. Car tandis que leur position « endogène » vis-à-vis de leur public cible est censée légitimer des discours et des pratiques anti-migratoires, elle peut simultanément contredire leur implication dans le contrôle des mobilités de leurs « pairs » (9, 23, 26). Dans cette perspective, cet atelier propose d’interroger la pluralité des figures et des pratiques de l’intermédiation, au-delà de la dichotomie entre autonomie et contrôle qui structure dans une large mesure les études sur les migrations (27). Pour ce faire, il propose plusieurs axes de réflexion complémentaires :

  • Le premier axe interroge les profils, trajectoires et carrières des intermédiaires en contexte migratoire africain. Quelles trajectoires sociales et politiques soutiennent les pratiques de ces intermédiaires migratoires? Sur quelles expériences migratoires et quels rapports à la mobilité repose l’intermédiation?
  • Le second axe explore les pratiques des intermédiaires. Dans quelle mesure ces pratiques renforcent-elles, ou au contraire contredisent-elles, la mise en œuvre du contrôle migratoire. Plus généralement, dans quelle mesure l’intermédiation transforme-t-elle le gouvernement international des migrations?
  • Le troisième axe examine les ruptures et continuités qui sous-tendent l’usage d’intermédiaires africains dans le gouvernement des populations sur le continent. Dans quelle mesure l’histoire du gouvernement colonial (28) et l’anthropologie du développement (29,30) ou des interventions humanitaires (31) permettent-elles de tracer les contours d’une trajectoire historique de l’intermédiation sur le continent?

L’atelier accueille des propositions issues de tous les champs disciplinaires s’appuyant sur des méthodes de recherche qualitative. Les propositions ne doivent pas dépasser les 500 mots. Elles se composent d’un titre, d’un résumé et des informations nécessaires concernant l’intervenante (Nom, prénom, statut, rattachement).

Date limite d’envoi des propositions: 18 mars 2022

Les propositions sont à envoyer à ces deux adresses avec l’objet suivant «Proposition REAF 2022 Intermédiation» :
anissa.maa@ulb.be ; camille.cassarini@gmail.com